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05.12.2017

Les études prolongent la durée de vie des non-fumeurs

Chaque année consacrée aux études universitaires prolonge la durée de vie d’environ une année. Mais le tabagisme annule cet avantage. C’est ce qu’ont découvert des scientifiques participant à l’initiative de recherche SystemsX.ch, dont Zoltán Kutalik du SIB Institut Suisse de Bioinformatique et du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). L’étude, publiée dans Nature Communications, offre les estimations les plus précises à ce jour de l'impact causal des facteurs de style de vie sur la durée de vie de chacun.

Près d’un an de vie en sus par année d’étude
En comparant les gènes, les modes de vie et les espérances de vie de plus de 600'000 personnes, une équipe internationale de chercheurs est ainsi parvenue à identifier un des facteurs les plus décisifs d’une espérance de vie plus longue: le temps consacré aux études universitaires. Les statistiques indiquent que l’espérance de vie augmente de onze mois pour chaque année dediée aux études.

« Comme on le sait, le niveau d’éducation d’une personne témoigne de son statut social et financier. Les personnes bien formées et riches ont plus facilement accès aux installations sportives, sont plus soucieuses de leur santé et vont plus souvent voir un médecin. De manière générale, elles ont en outre un meilleur accès aux services de santé, par exemple en raison d’une assurance maladie privée », explique un des directeurs de l’étude, Zoltán Kutalik, chef de groupe au SIB et biostatisticien au CHUV. 

Cependant, cette formule ne se vérifie que jusqu’au niveau du doctorat. L’étude n’a pas révélé si la poursuite des études au-delà de ce point prolonge la vie encore davantage. Et les professeurs ne vivent certainement pas indéfiniment.

7 ans pour qui renonce à fumer
Zoltán Kutalik et ses collègues ont également examiné les effets du tabagisme sur la longévité. Leurs résultats indiquent que fumer un paquet de cigarettes par jour réduit l’espérance de vie de 7 ans. La bonne nouvelle est que les personnes qui cessent à un moment donné de fumer vivent presque aussi longtemps que ceux qui n’ont jamais fumé. Ce qui signifie que tout individu qui renonce au tabac s’offre 7 ans de vie additionnels. 

Excès de poids : 2 mois par kilo
L’influence du surpoids sur l’espérance de vie s’avère moins importante que le tabagisme. Pour chaque kilo perdu, la vie se prolonge de deux mois seulement. Une réduction de poids de 90 à 80 kilos ferait ainsi gagner un peu plus d’une année et demie. Cette corrélation ne s’applique toutefois qu’à une personne possédant un indice de masse corporelle (IMC) situé entre 23 et 28 (un individu est en surpoids lorsqu’il présente un IMC de plus de 25). « Nous soupçonnons que le nombre d’années de vie perdues pour chaque kilo supplémentaire diminue plus le surpoids est important », révèle Zoltán Kutalik. Autrement dit, le fait de peser 120 kg plutôt que 130 kg a des répercussions moins prononcées sur la durée de vie que la différence entre une masse corporelle de 70 et de 80 kg.

Le mode de vie plus important que les gènes
Les chercheurs ont également identifié deux nouveaux gènes impliqués dans l’espérance de vie. Le premier, répondant au nom compliqué de HLA-DQA1/DRB1, seconde le système immunitaire dans la lutte contre des menaces telles que les bactéries ou les virus. Les personnes possédant une version particulière de ce gène vivent en moyenne une demi-année de plus. 

Le deuxième gène est responsable du taux de cholestérol dans le sang. Il est doté d’un marqueur génétique, dont il existe deux versions : l’un augmente le taux de cholestérol, alors que l’autre le réduit. Les personnes portant ce dernier vivront en moyenne huit mois de plus. On connaît actuellement quelque 20 gènes exerçant une influence sur l’espérance de vie, et beaucoup restent à découvrir. 

L’ADN n’explique qu’un quart des variations entre la durée de vie des individus. Les trois quarts restants sont attribuables à des facteurs liés au mode de vie, dont le niveau d’éducation, le tabagisme, l’obésité et autres facteurs environnementaux.

Réference:
Peter K. Joshi et al. (2017) Genome-wide meta-analysis associates HLA-DQA1/DRB1 and LPA and lifestyle factors with human longevity. Nature Communications. DOI:10.1038/s41467-017-00934-5

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Zoltán Kutalik, University Hospital of Lausanne (CHUV)/University of Lausanne / SIB Swiss Institute of Bioinformatics, +41 21 314 67 50, zoltan.kutalik(at)unil.ch

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